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Zoom sur un territoire

   

 Le témoignage d’un territoire charentais

La société de chasse de Montigné se situe dans le secteur ouest du département de la Charente. Il s’agit d’un territoire de 994 ha, de plaine vallonnée, mixte constituée de vignes et de céréales.

Alain Mary, président de la société de chasse, s’est lancé avec l’aide de ses chasseurs dans le projet associatif petit gibier en 2010.

Il fait partie des premiers territoires en Charente à avoir utilisé la perdrix royale pour essayer d’améliorer la situation du petit gibier sur sa société de chasse et répond à nos questions.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette opération ?

Nous avons, comme beaucoup de territoires, pratiqué des lâchers de perdrix rouges au cours des dernières années sans que cela donne satisfaction aux chasseurs (peu d’oiseaux retrouvés, qualité très moyenne des oiseaux…). Et surtout, à la fin de l’hiver il ne restait plus un couple de perdrix sur la commune.

Lorsque le projet associatif a été proposé par la fédération, nous avons souhaité essayer de travailler avec des lâchers d’été et avec des oiseaux qui nous semblaient de meilleure qualité.

Qu’avez-vous mis en œuvre sur votre territoire depuis 2010 ?

Nous avons mis en place neuf parquets de prélâchers avec cages de rappel et agrainoirs abreuvoirs sur la commune dans les zones favorables à la perdrix rouge. Nous avons remplacé progressivement nos lâchers de tir par des lâchers de pouillards en été. Nous lâchons depuis 2010 entre 100 et 200 pouillards de royales par an. Nous avons arrêté les lâchers de tir sur la commune la saison dernière.

Une vingtaine de dispositifs d’agrainage sont en place sur le territoire et nous portons un effort sur la régulation des nuisibles ; nous travaillons aussi sur l’amélioration de la qualité de notre milieu par la mise en place de couverts environnementaux.

Quel est votre sentiment et celui de vos chasseurs trois ans après ?

Les résultats sont encourageants. Nous avons des oiseaux toute l’année sur le territoire. Ils se cantonnent bien. Etant agriculteur, je suis souvent sur le terrain et je vois en fin d’hiver des couples se constituer, ce qui était impensable auparavant. J’estime une quinzaine de couples sur les parcelles que j’exploitent sur la commune en fin d’hiver, sans compter ceux qui sont sur les communes voisines Dès 2011, de la reproduction a été constatée ce que nous n’avions plus depuis plusieurs années.

Les chasseurs sont également satisfaits car ils voient des oiseaux pendant toute la chasse. Ces oiseaux sont plus sauvages, et leur chasse en est plus passionnante. Il s’en prélève moins même si cette année une cinquantaine de pièces étaient au tableau, mais la qualité remplace la quantité.

Tous les oiseaux lâchés étant bagués, nous avons eu cette année des retours de bagues d’oiseaux lâchés en 2010 et en 2011 ce qui montre que les oiseaux s’acclimatent sur notre territoire.

Nous pensons même avoir prélevé des oiseaux nés sur le terrain.

 En conclusion que pouvez-vous dire ?

Nous sommes très satisfaits du travail que nous avons réalisé avec des oiseaux de qualité. Ils sont plus sauvages, se cantonnent mieux et leur taux de survie est supérieur aux oiseaux de « souches classiques » que nous lâchions auparavant.

Les chasseurs et les agriculteurs revoient des perdreaux toute l’année sur la commune, et c’est un grand motif de satisfaction.

Mais attention, cela demande aussi un travail considérable sur le terrain de la part des chasseurs pour favoriser l’acclimatation des oiseaux et le fait de voir déjà des résultats positifs nous encourage à poursuivre nos efforts.